16. août, 2018

Facebook entre narcissisme, exhibitionnisme et voyeurisme.

 

Les études se succèdent et disent toutes la même chose sur ces trois comportements, certes humains, mais aussi de plus en épidémiques sur les réseaux sociaux en général et Facebook en particulier.

Facebook avait pour fonction initiale de nous permettre de retrouver des amis et d’échanger des informations rapidement avec nos proches. Or les fonctions dont les utilisateurs raffolent sont les fonctions secondaires comme les photos, selfies ou les statuts superficiels et souvent inutiles.

Ces études soulignent qu’il n’y a rien de mal avec les réseaux sociaux, qui sont utilisés avec discernement par des millions de personnes pour maintenir des liens avec parents et amis et par des milliers d’entreprises pour bâtir et servir leur clientèle.

Le problème, c’est que ces comportements sont en train de transformer les réseaux sociaux en concours de popularité. Les amitiés, les pseudos « Like » et les « petits cœurs rouges » sont comptés et sont comptabilisés.

Ainsi certains « Facebookiens » exhibent leurs vies privées à travers la mise à jour régulière des informations très personnelles à la quête de commentaires élogieux le plus souvent hypocrites et qu’ils cherchent juste pour satisfaire un besoin de reconnaissances éphémère.

La plupart sont attirés inconsciemment par l’assouvissement de leur narcissisme primaire, la satisfaction de leur pulsion d’exhibitionnisme et leur besoin de voyeurisme.

  • Le narcissisme : Les narcissiques peuvent donner libre cours à leur vanité, leur impulsivité, leur recours fréquent au mensonge, à la grandiloquence, à l’insulte et faire preuve de comportement infantile sans avoir à en découdre directement avec leurs interlocuteurs.
  • L’exhibitionnisme fait partie de la personne humaine, nous avons besoin d’extérioriser notre vie intime pour nous développer psychiquement et ainsi avoir une bonne image de nous. Il faut néanmoins distinguer ce principe de l’exhibitionnisme qui relève d’une pathologie et qui est répétitif.
  • Le voyeurisme est en permanence excité et satisfait par la mise à jour instantanée des informations et le nombre élevé de personnes faisant partie de notre réseau créant ainsi une multitude de morceaux de vie à contempler. Suivre, regarder, et observer l’utilisateur dans sa relation intime avec sa famille ou ses collègues, permet de répondre à ce besoin de voyeurisme.

Cependant si Facebook excite en permanence notre besoin d’exhibitionnisme et de voyeurisme, il faut tout de même noter que cette envie ne peut se développer que si le désir d’intimité est satisfait.

C’est-à-dire que l’utilisateur doit être sûr que son intimité sera respectée comme il le souhaite. En cas de non-respect de ce désir d’intimité, les individus pourraient mettre en veille leur besoin et se faire moins présent sur Facebook.

La difficulté aujourd’hui d’effacer ces données personnelles ou seulement de les protéger afin qu’elles ne soient pas utilisées par des marques pourrait véritablement freiner l’utilisation de Facebook et des autres réseaux sociaux.

Le problème de la sauvegarde de données numériques se pose de plus en plus car il n’existe pas encore de législation précise. Qu’advient-il de ces informations après notre mort ?

En effet, il est parfois impossible de fermer un profil si on ne connaît pas le mot de passe. Si certains entretiennent le souvenir de l’être disparu au travers de la page, d’autres sont incapables de faire leur deuil puisque virtuellement la personne disparue est toujours « vivante ».

Lorsque nous exposons notre vie intime sur Facebook, nos photos et celles de nos proches, nous n’imaginons pas que ces photos nous suivront jusqu’à notre mort et même au-delà.

Après tout, n’est-ce pas le rêve de tous de laisser une empreinte sur la Terre ? A nous de bien choisir laquelle ! 

 

source:

14 DÉC 2017 PAR BECHIR HOUMAN

https://batinote.wordpress.com/2017/12/14/facebook-entre-narcissisme-exhibitionnisme-et-voyeurisme/