D'humeur d'Art de Vivre

16. juil., 2021

 Comment fixer le prix d’une oeuvre ?

 
 
 
Cette question relève d’une vraie problématique dans la vie d’un artiste, et ceci de manière tout à fait légitime. La raison principale à cette problématique est qu’une oeuvre d’art n’a pas réellement d’utilité pratique ; on ne peut en aucun cas la comparer à un vélo ou un canapé car cet « objet » est une concentration émotionnelle au pouvoir de diffusion, en d’autres termes, une oeuvre d’art a une âme ou une aura. De ce principe là, jauger la valeur d’une oeuvre d’art est somme toute relative et subjective. En d’autres termes, fixer son prix est totalement libre sans aucune réglementation existante. Seul le bon sens et certaines réalités sont à prendre en compte.

Voici donc les différents éléments permettant de déterminer le prix d’une oeuvre d’art, quelle qu’elle soit.

Les critères indispensables

1.  Le coût du matériel.

De la terre glaise ou de la feuille d’or, le matériel employé à une valeur marchande déterminée par sa qualité, sa rareté ou sa préciosité. Une peinture réalisée avec du véritable lapis-lazuli vaudra forcément plus chère qu’une peinture identique mais réalisée avec une couleur bas-de-gamme. Nous sommes ici dans l’aspect purement matériel, donc comme dans tous les domaines, la qualité des matériaux de base est en très grande partie responsable de la valeur du produit finit. Au restaurant ou au rayon textile, l’affaire est la même.

2.  La technique employée

Il faut se rendre à l’évidence, il existe bel et bien  une hiérarchie parmi les techniques picturales. La peinture à l’huile l’emporte sur toutes les autres, y compris le pastel et l’aquarelle. C’est le malheureux dessin aux fusain ou crayon graphite qui est dominé par toutes les autres. Tout comme la sculpture de marbre l’emportera sur la céramique ou encore la terre. Cette hiérarchie est basée sur la complexité de la maîtrise des matériaux. Maîtriser toute la complexité chimique de la peinture à l’huile ainsi que la mécanique de ses matériaux est indubitablement plus difficile que la maîtrise du processus aqueux de l’aquarelle, entre autre.

3.  Le marché dans lequel vous évoluez

Cela sous-entend le périmètre dans lequel s’étend votre réseau actuel : marché local, régional, national ou international. Si vous êtes un total inconnu, alors il serait de mauvaise augure et inapproprié d’appliquer des hauts tarifs. Il vaut toujours mieux commencer avec des tarifs bas et les augmenter au fur et à mesure de vos « réussites » artistiques plutôt que d’avoir à les baisser. Baisser ses prix dévalue également la réputation ou l’image. Rajoutons que l’importance de votre réseau de connaissance est loin d’être négligeable. En effet si vous portez un nom célèbre ou faîtes partie de l’entourage d’une célébrité de tel ou tel milieu, alors vous avez déjà de très bonnes cartes dans votre jeu. Ce comportement est là aussi discutable mais au fond, peu importe la tournure du débat, agir de la sorte est tout à fait humain. Le réseau est important car c’est lui qui influencera le marché, du parfait inconnu il peut vous propulser dans les hautes sphères internationales. Ce qui explique le comportement de jeunes « artistes » contemporains étant prêts à tout pour se faire remarquer.

4.  La qualité visuelle

Nous sommes ici au delà de la notion de « beau », ce critère est bien trop personnel pour pouvoir être pris en compte dans un jugement. En revanche la justesse du dessin, l’harmonie des couleurs ainsi que la complexité de la composition sont des éléments qui jouent énormément. On ne parle pas ici de rapport de fidélité à la nature, car même un dessin cubiste, surréaliste, ou même encore à tendance abstraite peut être réalisé avec justesse. Cette dernière s’obtient par la cohérence et l’harmonie générale. Un œil averti saura tout de suite reconnaître un effet volontaire, hasardeux ou, n’ayons pas peur de le dire, raté. Alors mieux vaut éviter de tricher par un fameux « c’est fait exprès », le connaisseur, le professionnel, l’habitué ou l’expert peu importe vous, démasqueront à coup sur et sans vous le dire, ce qui vous décrédibilisera complètement… Ces derniers que l’on pourrait appeler des experts visuels ont un compas dans l’œil, alors ils remarqueront immédiatement si la composition est déséquilibrée, si les teintes sont agressives, si les lignes et formes sont incohérentes. De la qualité visuelle dépend donc en partie la valeur de l’oeuvre.

5.  Le parcours de l’artiste

L’acheteur ou le commanditaire a avant tout besoin d’être confiant, il a ce besoin d’être rassuré sur son éventuel investissement. Il sait qu’acheter de l’art est une excellente affaire, mais encore faut-il qu’il y ait une plus-value, car là est son principal intérêt (avec bien sur celui du coup de foudre pour votre oeuvre et la passion du mécénat d’art… oui, laissons-nous le droit de rêver !). C’est pourquoi si vous êtes diplômés de grandes écoles d’art, cela joue en votre faveur car votre diplôme est la preuve officielle de votre potentiel artistique. Heureusement pour les autres, ce n’est pas le seul moyen. Le nombre d’expositions personnelles ou collectives, les ventes aux enchères, les victoires aux concours, etc. sont autant de preuves qui font de vous des talents intéressants, et vous donne donc une valeur.

6.  Le prix du marché

Bien entendu, comme dans tous les domaines lorsque l’on met quelque chose en vente sur le marché, mieux vaut avant tout se renseigner sur les tarifs pratiqués pour un produit plus ou moins équivalent. Il est évident que vos tarifs ne vont pas être multipliés selon l’endroit où vous vous trouvez, mais ils pourraient cependant être réajustés. Par exemple les tarifs pratiqués à Plougalet-les-jolivets* seront indubitablement différents de ceux de Paris ou encore New-York et Tokyo. Il est assez judicieux de s’adapter à son environnement. D’une part parce que les visiteurs de l’exposition n’auront pas la même approche ni les même attentes, donc ce qui fait fureur à un endroit, ne fait pas forcément fureur partout ! C’est pourquoi un simple petit réajustement de prix (à la hausse ou à la baisse) pour l’occasion, peut favoriser le bon déroulement des opérations. Il faut être réaliste, le festival d’art du village voisin, comme celui de Plougalet-les-jolivet qui a le mérite d’être grandement sympathique, n’apportera pas le même potentiel de vente qu’une galerie à renommée internationale située dans les quartiers riches d’une mégalopole.

Afin d’anticiper toutes remarques concernant la pratique néfaste d’une baisse de tarifs abordée au point 3, je préfère éclaircir tout de suite ! Non il n’y a pas de contradiction, en vérité la baisse de tarif est néfaste si elle est généralisée et permanente, car d’une part cela donne à penser que vous perdez en qualité, de plus vos anciens acheteurs vont être fort contrariés car dans cette histoire, ils deviennent perdants… En revanche, dans ce point-ci, il s’agit simplement d’un réajustement momentané et exceptionnel. Si vous êtes totalement contre le réajustement des tarifs (ce que je comprends évidemment très bien), d’autres solutions s’offrent à vous, telle que la diminution des formats par exemple. Un réajustement non par le prix mais dans le processus de création.

Ville, ou plutôt bourgade située dans le fin fond de mon imaginaire, illustrant parfaitement ces chers petits villages de campagne, charmants pour leur environnement mais à faible influence culturelle sur l’échelle planétaire.

7.  La qualité technique

Ce critère là n’est bizarrement jamais mentionné alors qu’il me semble pourtant indispensable. Car c’est avant tout de la qualité technique, de la qualité du savoir-faire que dépend la pérennité de l’oeuvre. Une oeuvre prête à traverser les siècles dans un état remarquable devrait en toute logique avoir plus de valeur qu’une autre qui va nécessiter une ou plusieurs restaurations sur ce même laps de temps. Il est assez ahurissant de constater des œuvres de grandes collections privées (sans citer de noms) acquises cette dernière décennie, déjà craquelées du vivant même de l’auteur. Craquelures non pas dues à un problème de conservation (le propriétaire n’y est pour rien), mais bel est bien à un problème technique lors du processus de création, comme le non-respect du gras sur maigre ou la mauvaise préparation du support dans le cas d’une peinture à l’huile. Malheureusement pour l’acquéreur et certainement heureusement pour le créateur, il n’existe pas de SAV artistique. L’acquéreur n’a donc d’autres choix que de faire confiance à l’artiste censé connaître et maîtriser son métier. Il est aisé d’imaginer qu’un acheteur qui débourse une somme conséquente en vue de constituer un patrimoine ou une plus-value, et même dans le cas d’un coup-de-cœur, ne désire en aucun cas la voir dépérir contre tout-attente telle une oeuvre éphémère. Arrêtons les arnaques et faisons honneur à un corps de métier. La durée de vie d’une oeuvre dépend de la qualité de ses matériaux et de son processus de fabrication, et cette durée de vie doit déterminer la valeur de l’oeuvre.

L’accroche du Salon des Artistes Rouennais – Musée des Beaux-arts de Rouen – 1934

D’autres critères peuvent influencer la fixation du prix, mais ceux-ci sont trop subjectifs et dépendant des points précédents pour jouer un rôle déterminant, ils sont seulement de simples indicateurs. Car selon les points précédents, une petite toile peut valoir plus chère qu’un grand format, ou une toile abstraite exécutée rapidement a parfois plus de valeur qu’une oeuvre figurative aux multiples détails.

8.  Le format

Le format peut être un bon point de départ. Pour un artiste débutant ou inconnu, le prix se base selon le format de la toile. Si l’on prend pour référence les formats standards français (a voir ici), il faut compter plus ou moins 20€ par point (ou numéro). Par exemple pour un format 12P (61x50cm), le calcul à faire est 12 x 20€ = 240€.

A cela s’ajoute les différents éléments vus précédemment (le matériel, votre parcours, etc.). 

9.  Le temps de travail

Ce critère n’est malheureusement pas aussi déterminant qu’il n’y parait. Une oeuvre abstraite réalisée en un quart de temps peut avoir bien plus de valeur marchande qu’une oeuvre détaillée et minutieuse créée durant de longues heures voir semaines… C’est assez frustrant pour une grande partie des artistes évidemment mais le but de l’art est de toucher l’âme (entre autre chose), et le temps de travail n’est de toute évidence pas proportionnel à la puissance émotionnelle et à l’efficacité visuelle.

10.  La complexité du sujet

Tout comme le point précédent, la complexité du sujet peut entrer en ligne de compte, sans pour autant être décisif. Une composition faites de multiples portraits réalistes est bien plus complexe et laborieuse à réaliser qu’une composition abstraite. Cela peut donc être un critère supplémentaire mais pas déterminant puisque tout comme le temps de travail, la complexité du sujet ne reflète pas forcément la qualité et la puissance de l’oeuvre.

La hiérarchie des genres de l’Académie du XIXe siècle a bel et bien disparu, cependant sa gouvernance a été récupérée par la conjoncture du marché de l’art actuel, régit par l’autorité suprême de notre société matérialiste : celle de l’offre et de la demande.

En résumé, plus vous êtes demandés, plus vos prix sont élevés.

 

Source: https://techniquedepeinture.com/comment-fixer-le-prix-dune-oeuvre/

17. juil., 2020

 L’art est un concept qui vient du vocable latin ars et qui désigne les créations de l’homme qui expriment sa vision sensible du monde grâce à l’utilisation de diverses ressources sonores, linguistiques et plastiques.

Populaire, à son tour, est un adjectif qui indique l’appartenance ou ce qui se rapporte aux personnes. Parmi ses diverses significations, le terme mentionne ce qui concerne le peuple et ce qui contemple la plupart des gens.

La notion d’art populaire admet donc différentes significations. Certains prétendent que l’art populaire est constitué de formes d’art (manifestations artistiques) créées et consommées par les gens, par opposition à la haute culture ou à la culture universitaire.

 

Un pot d’argile créé par un artisan pour recueillir de l’eau est un exemple de l’art populaire, tandis que la peinture sur une toile exposée dans un musée appartient à l’art élitiste. Toutefois, ces limites sont floues.

L’art populaire, par ailleurs, peut être donné par les créations artistiques qui sont consommés massivement et qui peuvent être reproduites à l’échelle industrielle. En ce sens, un chanteur de musique latine qui vend des millions d’albums peut être considéré un artiste populaire.

Le pop art ou le pop art, enfin, est un mouvement artistique qui a émergé au vingtième siècle avec l’utilisation des images de la culture populaire présentes dans les médias. Des artistes pop comme Andy Warhol se servaient des publicités ou des bandes dessinées pour créer des œuvres d’art.



Lire tout: Définition d’art populaire - Concept et Sens http://lesdefinitions.fr/art-populaire#ixzz6SOqVlCk1

9. mars, 2020
"Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment rester un artiste en grandissant."
 
8. mars, 2020

Figure de l'art naïf marocain

Chaibia, figure de l'art naïf marocain, fait partie de ces artistes wanted plus mort que vif, du fait qu’ils ne produisent fatalement plus, ce qui crée un phénomène de rareté. 

 

 

Chaïbia Tallal a été sans conteste la plus célèbre peintre du Maroc du 20ème siècle. De plus, elle figure parmi les plus grands peintres du monde, au même titre que Miro, Picasso et Modigliani, pour ne citer que ceux-là.  Aussi, elle est la seule peintre du Maroc dont les œuvres sont cotées à la bourse.  Il faut dire que ces tableaux peuvent se vendre jusqu’à un million de dirhams pour un grand format.

En savoir plus sur le parcours de cette artiste : lire ici

 

6. mars, 2020

L'ART ARABE

Existe-t-il un art « arabe » ? Au tournant du XIXe et du XXe siècle, alors que l’histoire de l’art commence à s’intéresser au monde islamique, la question passionne les savants européens. Un art a-t-il pu naître « du sol stérile de l’Arabie » (Henry Wallis), où vivaient de frustes populations bédouines, de « race » sémite ? Si le sujet fait autant débat, c’est sans doute que le terme « arabe » lui-même est polysémique. Pour certains, il ne s’applique qu’aux habitants « originels » de la péninsule Arabique, c’est-à-dire essentiellement des Bédouins nomades, peuples du désert, dont la principale tradition artistique est poétique. Pour d’autres, il englobe, de manière plus vaste, toutes les populations, à l’origine de productions riches et diversifiées, qui ont adopté l’arabe comme langue vernaculaire.

Fortement teinté de racisme, ce débat s’est éteint de lui-même après le milieu du XXe siècle. Les historiens d’art ont généralement adopté l’expression « art islamique », ou « arts de l’Islam », en considérant l’Islam comme une vaste civilisation, rassemblant des peuples, des religions, des langues et des cultures différentes. Car si un élément devait caractériser la production artistique du monde arabe, c’est sans doute le fait que, placé à un carrefour entre Europe, Afrique et Asie, celui-ci s’est enrichi au contact de cultures diverses et a donné naissance à un art aux expressions riches et multiples.

 

plus d'info sur le lien source suivant :

https://www.imarabe.org/fr/decouvrir-le-monde-arabe/art-culture